Historique

Dépôt des statuts le 10/1998, première sortie sur le terrain le 4/04/2000.
Un travail de rue, d’information a été fait avant notre première sortie avec l’appui de plaquettes de présentation de l’Association en différentes langues (Allemand, Anglais, chèque, Russe…) pour une sensibilisation optimale de notre démarche.

L’association est composée de bénévoles médicaux, para-médicaux et autres.

A l’origine de ce projet, les ¾ des membres étaient des bénévoles actifs au programme d’échange de seringues d’Espace Indépendance.
C’est dans le cadre de ce travail sur le terrain que nous avons pu constater que les personnes prostituées éprouvaient des difficultés à trouver leur place dans un lieu privilégié pour les usagers toxicomanes/polytoxicomanes.

Un autre constat que nous avions pu faire au contact des ces personnes, c’est l’enjeu de santé globale de chaque personne qui dépasse largement l’enjeu de la réduction des risques et que les quelques personnes prostituées qui passaient de ce lieu ne l’utilisent que furtivement soit pour y prendre des préservatifs, soit pour y échanger des seringues.

Nous nous sommes déplacés et renseignés sur d’autres expériences menées dans d’autres villes concernant l’accueil de personnes prostituées (le Bus des Femmes à Paris, Autres Regards à Marseille…)
Nous nous sommes inspirés de projets existants en plus de nos expériences personnelles sur le terrain pour élaborer un projet propre à la situation locale.

Ce projet s’articule autour de 2 enjeux

• De santé publique : promouvoir la santé globale de l’individu en associant prévention et soin, avec l’écoute (se protéger en protégeant les autres).
• De lutte contre l’exclusion par un accès aux systèmes dont elles sont exclues ; accès aux droits, par une attention portée à la personne ; contre les violences symboliques ou physiques, prise en compte et écoute des souffrances physiques et psychiques.

Un travail dit de « proximité » nous semblait indispensable pour rencontrer ces personnes ce qui explique la mise en place de notre antenne mobile.

Aller à la rencontre de cette population, se faire accepter, est un travail de fourmi, qui nous permet aujourd’hui d’avoir la confiance des personnes et d’être en adéquation avec leurs attentes, leurs désirs et inversement pouvoir les sensibiliser sur certains sujets.

4 axes majeurs déterminent notre action :
• La prévention des IST/VIH/VHC/HEPATITES en mettant à disposition des préservatifs, du gel, kits…
• Les soins médicaux de première nécessité, voire une orientation vers une structure partenaire au vu des problèmes rencontrés avec courrier d’accompagnement.
• Mise à disposition de matériel d’hygiène : savon, gel intime, serviettes hygiéniques…
• Information et soutien face à des situations difficiles avec orientation en cas de besoin.

L’antenne mobile est un endroit neutre où elles sont prises en compte avant tout en tant qu’individu à part entière. Elles ont la possibilité de se poser un moment pour discuter, se reposer, boire un café, se retrouver entre elles. Notre présence leur permet aussi d’exprimer leur solitude, la difficulté de leur activité, mais aussi des confidences plus personnelles comme leur famille, enfants, pays….

La création de cette structure a pu se faire après un état des lieux du terrain qui à mis en évidence certains manques concernant cette population :
• Pas de lien pour les personnes prostituées. Population non prise en compte, pas de travail de proximité effectué.
• Accès aux soins limité d’une population marginalisée : lutte contre l’esclavage dans le cadre de la problématique de santé publique.
• Rendre une certaine dignité, respect de la personne et de sa situation : pas de prise de position, ni jugement.
• Insertion sociale d’une population marginalisée, constat d’exclusion, marginalisation par rapport à la représentation de la fonction, exclusion par rapport à cette représentation.
• Autres déterminants : diversification des problématiques selon la situation.

Le projet PENELOPE s’inscrit dans une démarche globale de sensibilisation à tous les aspects de santé publique, avec la possibilité de recevoir des soins de base, ainsi que la proposition de dépistage anonyme et gratuit. Ce projet concerne, entre autre, les personnes qui ne vont pas vers des structures existantes.

Nous espérons que nos actions et objectifs sauront rendre compte de la dynamique que nous souhaitons mettre en place.

Nos objectifs, nos méthodes d’intervention, nos actions sont perfectibles et espérons poursuivre notre évolution en terme d’efficacité, d’ajustement aux problématiques générales de santé publique soulevées par l’épidémie à VIH, mais aussi par la gestion des hépatites et de la toxicomanie.

Nous avons voulu montrer que, au-delà de la lutte contre la maladie transmissible, notre action s’inscrit dans une approche globale de la santé, qui associe les démarches sanitaires et sociales, car l’évolution de l’épidémie nous rappelle combien il est nécessaire d’associer prévention, accès aux soins et lutte contre les exclusions.

Les phénomènes d’exclusion de stigmatisation, la précarité et la vulnérabilité touchent particulièrement l’ensemble des personnes prostituées, de manière diverse, selon que ce sont des femmes, des hommes, des transsexuelles, des usagers/ères de drogues, des personnes jeunes ou âgées, malades ou non.

Notre but est de travailler avec chaque personne sans discrimination afin, nous l’espérons, de participer à un mieux-être et à une meilleure intégration dans la vie civique.